Ancien technicien nautisme et responsable technique sur un chantier naval, Pierre Scherer enseigne depuis 13 ans les fondamentaux du métier d’agent de maintenance en marine de plaisance au campus de formation de Fécamp.
C’est un métier qui attire beaucoup de jeunes. Mais la majorité d’entre eux en ont une mauvaise représentation. Ils pensent évasion, voyage, cocotier alors qu’il faudrait penser ponceuse, travail, sueur. C’est un métier manuel de réparation pas une place de skipper,
déclare Pierre Scherer.
Poser et régler le matériel, réparer la coque en plastique, mettre à l’eau ou à terre, mâter, démâter, entretenir l’accastillage, entretenir le matériel électrique et électronique, toutes ces tâches incombent à l’agent de maintenance en marine de plaisance. Il doit entretenir toutes les parties du bateau sauf le moteur.
Un métier polyvalent et très exigeant : les compétences transversales sont essentielles. Soin et attention dans le travail (le matériel est très coûteux), écoute du client, vocabulaire adapté, présentation soignée… les exigences sont celles d’un hôtel cinq étoiles
, indique Pierre Scherer.
Sous la pluie, dans le froid, l’agent de maintenance en marine de plaisance doit répondre présent. Mais ces impératifs sont vite balayés. Ce métier offre la possibilité de travailler quotidiennement au bord du mer tout en ayant un cadre de vie incroyable. Il permet aussi de côtoyer des gens intéressants. Et de temps en temps, l’agent de maintenance peut naviguer.
Mais auparavant, neuf mois de formation attendent les futurs agents. Aucun pré-requis scolaire demandé mais un projet professionnel solide et une grande motivation. Il faut également savoir nager et ne pas avoir le vertige. Une expérience dans un métier manuel est un plus car ce métier nécessite beaucoup d’adresse.
Jeunes étudiants, salariés en reconversion, surdiplômés… tous sont happés par l’appel de la mer. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le milieu marin n’est pas du tout macho. Les filles sont très recherchées car elles obtiennent de bons résultats,
déclare Pierre Scherer.
A Fécamp, le taux de réussite est de plus de 80 %.
Et le placement ? Avant la crise, il y avait 800 offres d’emploi pour 14 stagiaires. Le secteur a pris la crise de plein fouet mais depuis quelques mois, cela repart et je ne suis pas du tout inquiet pour mes stagiaires qui vont sortir en juin
, affirme Pierre Scherer.
Trois types d’entreprises embauchent des agents de maintenance en marine de plaisance : les loueurs, les constructeurs de bateaux et les chantiers navals de maintenance. Les bassins d’emplois se trouvent le long du littoral atlantique (Vendée, Charente-Maritime), en Bretagne et sur la Côte d’Azur.
Après quelques années d’expérience, un agent peut évoluer vers des postes de technicien polyvalent en nautisme, chef d’équipe, chef d’atelier ou responsable technique. 10 % des stagiaires de Pierre Scherer se lancent dans la création d’entreprise.
Un cadre de travail agréable qui ne doit pas faire oublier les nombreuses exigences de ce métier.
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